Du chaume à la tuile Adaptation des pignons, murs et charpentes
Le passage du chaume à la tuile ou à l’ardoise au 19e siècle
Le chaume provient de roseaux, de joncs, de paille de blé ou de seigle coupés à la faux ou à la faucille. Peu onéreux, il offre une bonne isolation thermique pour les chaumières, écuries ou étables et est populaire jusqu’au 19e siècle.
En Bretagne, terre agricole à population pauvre et à l’habitat dispersé, le recul du chaume sera lent. Il tient à l’invention des batteuses qui, en cassant la paille, la rendent impropre à la couverture des toits. Par ailleurs, l’industrialisation répand l’idée de progrès et de modernisme, et la chaumière qui fait encore l’admiration des peintres est perçue comme une habitation de pauvres et de gueux. Les hygiénistes du 19e siècle tempêtent aussi contre les chaumières sombres et humides où l’air ne circule pas et qui abritent rats et souris.
Napoléon III promulgue une loi visant à interdire les toitures en chaume et même leur réparation, le risque d’incendie dû aux cheminées défectueuses étant désormais accru par des innovations telles que la lampe à pétrole ou la lampe Pigeon utilisées à la maison comme à l’étable. Toutefois les préfets accordent souvent des dérogations aux paysans incapables de financer la substitution du chaume par l’ardoise ou la tuile.
L’État encourage l’essor des compagnies et mutuelles d’assurances contre l’incendie qui préconisent bien sûr le remplacement du chaume. La formation de compagnies de sapeurs-pompiers dotées de pompes est préconisée. Mais, quand sonne le tocsin, c’est toute la population du village qui s’affaire autour de la chaumière en feu.
Aujourd’hui, paradoxalement, la pose et l’entretien d’une toiture en chaume sont un signe d’aisance financière.
L’adaptation des toitures après le chaume
Principe des toitures en chaume
Sur les maisons, le chaume est composé de bons matériaux : joncs ou seigle posés sur une bonne épaisseur, bien réglée et avec une pente prononcée. Cette épaisseur, une trentaine de centimètres, nécessite une adaptation de la pointe du pignon en saillie de la toiture. Cette surélévation empêche la paille d’être arrachée par les intempéries et vents violents.
Nommée chevronnière, elle est souvent bien travaillée en pierres appareillées et assemblée en sifflet démarrant sur une crossette qui épaule le chaume à l’égout.
Lors du recensement des tuiles, nous avons noté sur le terrain quelques processus de substitution : lors du remplacement du chaume par de la tuile, moins épaisse, la charpente a a été conservée et la tuile est liée à la surépaisseur de la chevronnière par un solin incliné en béton.
Quelquefois la pente du toit est diminuée et l’on constate :
Un relèvement du pignon sur la crossette pour former un coyau. Ce coyau améliore l’appui de la charpente sur la sablière, protège cette dernière et écarte plus rapidement les eaux de pluie du mur de façade.
Couverture en tuiles remplaçant un toit en chaume : exemple de coyau sur les deux dernières rangées de tuiles.
Pour les loches, étables, granges et dépendances, le chaume est souvent rudimentaire, fait de genêts et de fougères. La tuile est alors posée débordante ou pour les mécaniques plus modernes avec une tuile de rive ad hoc à l’équerre.
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Océanide
Patrimoine maritime du pays de Tréguier


