Louis-Marie Faudacq, peintre douanier et peintre de marine un artiste témoin de la vie maritime du Trégor-Goëlo
Louis-Marie Faudacq est né en 1840 à Givet, mais La famille Faudacq a ses attaches traditionnelles dans le Goëlo entre Bréhat et Paimpol. Poursuivant la carrière de ses aïeux, Faudacq s’engage dans les douanes, et découvre après les paysages du Nord de la France (Dunkerque, Lille) les côtes de la Bretagne Nord ; d’abord Cancale en 1868, où il est nommé receveur, puis Lézardrieux la même année, et enfin Tréguier en 1883, où il restera en poste jusqu’à sa retraite en 1900, avant son décès en 1916 à Ploubazlanec.
Cependant, la carrière professionnelle de Faudacq se double d’une vocation artistique, qui en fera un observateur privilégié de la vie rurale et maritime du Trégor-Goëlo, pendant la III° République. Elève d’Alfred Foulongne, qui lui enseigne l’aquarelle, il expose au salon de Paris en 1880, prend ses premières inspirations auprès de l’école de Barbizon (Millet, Rousseau), puis s’en éloigne peu à peu, pour évoluer vers un style proche de Jondking et de Boudin – comme le cite Paul Signac, qui collectionnera ses dessins et ses aquarelles, et essaiera de le promouvoir son oeuvre dans les années 1930.
Nous n’hésitons pas à comparer Faudacq à Mathurin Méheut ou à Eugène Boudin, en insistant sur la vivacité du trait, la richesse des couleurs, la précision de ses observations quasi ethnographiques, et parfois son style caricatural, proche de la BD…
Faudacq : un peintre des grèves et des ports
Louis-Marie Faudacq est par excellence le peintre de la vie maritime et des gens de mer. Témoin pendant plus de trente ans de la vie des ports et des grèves, du Portrieux à Perros-Guirec, ses dessins à la plume, ses carnets, souvent rehaussés de couleur, ses eaux fortes et ses huiles montrent les gestes, les postures des marins, les manœuvres et les mouvements des voiles au travail. Il décrit la vie populeuse des quais, les usages goémoniers, la pêche des huîtres dans la rivière du Trieux ou de Tréguier, le trafic des borneurs, des sabliers, des caboteurs…
Mais il dessine encore, un demi-siècle avant De la Messelière, les manoirs si nombreux en Trégor et en Goëlo, les fermes, les scènes de marchés, la vie rurale et champêtre. Pour les premières régates de Paimpol, il collabore à la revue le Yacht, dont il devient l’un des chroniqueurs de 1885 à 1894. Il publie aussi ses dessins dans « L’Illustration ». Mais sa carrière artistique restera confidentielle, malgré l’engouement de Signac qui collectionnait ses œuvres.
C’est la découverte cet itinéraire artistique, que nous convie Guy Prigent, expert de l’œuvre de Faudacq.
Océanide
Patrimoine maritime du pays de Tréguier
