Port en Fête Pontrieux le samedi 30 et dimanche 31 mai
Pour le programme de Port en Fête voir ci-dessous :
Dans ce programme notre président Guy Prigent animera une conférence le dimanche 31 mai à 18h00 :
Le Trieux, histoire d’un fleuve côtier entre L’Armor et l’Argoat
Du minéral au végétal, l’estuaire est source de vie et de transformation, nourriture pour les hommes et lieu de reproduction pour la faune marine. Frayère à saumons et anguilles.
Les goémons veinent les rochers de leur couleur dorée de vieux cuir, qui s’accordent aux filons noirs de dolérite, entre le grès rose et le granite. Les algues délivrent leurs odeurs d’iode dans un ciel d’estive.
« Les truites protègent les huîtres … », Jean-Claude Pierre, ancien président de l’association « Eau et Rivières de Bretagne ».
Dans les estuaires, plusieurs générations de marins (Monfort) ont vécu des ressources de la rivière : saumons, crevettes, huîtres, praires, poissons plats… Au 18ème siècle, on pêchait 1500 saumons, 1/3 de moins un siècle plus tard…
Estuaire : le mélange des eaux douces et des eaux salées révèle toute la richesse biologique de cet estuaire … Estuaire fragile et prodigue… La vallée du Trieux, une hydrographie très- dense, avec 30 moulins et autant de pêcheries.
Le Trieux prend sa source dans l’étang de l’ancienne abbaye de Coëtmalouen, au sud de la commune de Kerpert, en centre Bretagne. Son cours est de 73 kms, navigable pendant 18 km jusqu’à Pontrieux, limite de salure des eaux ; et nous vous invitons à le descendre au jusant, guidé par le souvenir de Marie-Joseph Le Guen, dernier pilote du Trieux, après Louis Goaziou (patron du sablier « Ar Zenith », Béchec Braz et Yves Petitbon, derniers passeurs à Pleudaniel.
Le Trieux, fleuve côtier, ria, aber ou encore estuaire, « bordal », entre Trégor et Goëlo, entre Armor et Argoat, fut toujours un vecteur d’échanges culturels économiques, d’ouverture sur le monde, entre la Bretagne intérieure et sa façade maritime. Il est nécessaire de rappeler que les ports de fond d’estuaire ont structuré économiquement la Bretagne, Pontrieux, avant-port de Guingamp, depuis le 14ème siècle.
Le fleuve a connu les invasions barbares mais aussi les importations de lin, de charbon et d’amendements marins par les gabarres et les goélettes de cabotage.
La vallée descend et monte avec la marée deux fois par jour sur un itinéraire de dix-huit kilomètres entre Trégor et Goëlo jusqu’à Pontrieux, s’étire entre l’or des genêts et le bleu du ciel ; sa robe se déchire dans la dentelle des vagues. Le Trieux est un jardin. Chaque couleur s’étend à son aise dans le fleuve et s’installe au milieu des autres couleurs, les franges littorales et agricoles évoquent le travail des hommes, mi-marins, mi-paysans. Le cabotage tend à remplacer la grande pêche et la pêche côtière côtoie la plaisance naissante.
Au fil du Trieux, la marée fait danser les ports, dans chaque anse, des remembrements de marées fertiles.
Aujourd’hui, le Trieux fait davantage naviguer les bateaux de plaisance que les gabarres, mais son histoire est à redécouvrir… C’est ce que nous propose Guy Prigent avec un diaporama et des témoignages inédits.
Océanide
Patrimoine maritime du pays de Tréguier

