Station T.S.F. Saint Gonnéry à Plougrescant Station radiogoniométrique de la Marine Nationale
Dès mai 1917, l’Amiral Lacaze, ministre de la Marine décide d’installer sur nos rivages des postes de T.S.F. (Téléphonie sans fil) à grande portée.
Nous n’en sommes pas encore à l’écoute des sous-marins comme actuellement, mais l’activité croissante des U-Boot allemands, qui contrarient le trafic de nos navires en Manche a déclenché ce projet. L’ouverture en août 1917 d’un Centre Aviation Maritime d’hydravions à la Roche Noire en Plouguiel sur la rivière de Tréguier pour dissuader les attaques des sous-marins allemands, corrobore cette volonté.
A Plougrescant est donc installé sur la butte (actuel château d’eau) en descendant vers Laouénan, un centre radiogoniométrique de la Marine Nationale : Saint Gonnéry T.S.F. (indicatif : F.E.T. en morse : point-point-tiret , point , tiret ).
La radiogoniométrie est une technique de radionavigation fondée sur la détermination de la direction d’arrivée d’ondes radioélectriques émises par des émetteurs fixes. En repérant avec un goniomètre la direction des stations émettrices, les navires connaissent par triangulation leur position. Parfait pour les navires mais les hydravions du C.A.M. de Plouguiel n’ont pas cet équipement.
A Plougrescant est positionné un mât avec double étage de 4 haubans pour recevoir l’antenne et est construit à proximité un bâtiment à étage pour recevoir les appareils d’émission et réception et un groupe électrogène prenant toute la hauteur. Un bâtiment tout en longueur à l’Est est prévu pour l’hébergement des opérateurs et du chef de station.
Un appentis en prolongement garde le stock de charbon.
Il s’agit de construction en béton cellulaire des plus solides : les percements ultérieurs par les nouveaux propriétaires qui souhaitaient aménager de nouvelles ouvertures a relevé de l’exploit.
Nous n’avons pas grand élément sur les débuts de cette station. Cependant les propriétaires actuels ont reçu en 1997 la visite d’un ancien matelot-breveté qui y a fait son service militaire en 1931-32.
Pierre Jamet [1], ce matelot leur a envoyé une série de photos qui illustre la vie dans cette station.
L’effectif est de 6 matelots encadrés par un second-maitre, chef de station.
Le site a été fermé avant la deuxième Guerre Mondiale et les bâtiments abandonnés. Vandalisés, squattés, avec des arbres qui poussent à l’intérieur des bâtiments, l’ensemble a été acheté en 1954 à la Marine Nationale pour y faire des logements. Il est toujours visible au pied du château d’eau mais sans l’antenne, seuls les massifs de béton qui ancraient les haubans sont toujours en place.
Nous aurions souhaité en connaitre un peu plus sur l’histoire et le fonctionnement de cette station. Nous sommes donc à la recherche de témoignages.
Michel Le Hénaff 20 avril 2025
Océanide
Patrimoine maritime du pays de Tréguier





