L’école maritime de Tréguier 1951-1954

Cette école était située rue de la Poissonnerie (actuellement rue Lamennais).

Historique des lieux :

Les locaux, propriété de la ville de Tréguier, sont vendus en 1909 au docteur Le Gueut agissant en tant que prête-nom pour l’association des Familles de Tréguier, créée dans le but d’acquérir une première maison, place de la République, et d’y créer une école tenue par les Ursulines.
Cette association meuble le bâtiment de la rue de la Poissonnerie et crée un internat de 30 élèves qui prend le nom d’institution Notre Dame.

Après la guerre de 14 cette école paroissiale est toujours tenue par les Ursulines qui reçoivent les pensionnaires des Filles de la Croix et des Augustines. Les Ursulines sont remplacées en 1924 par les Filles de la Croix qui gèrent l’école jusqu’à la guerre de 1939.
Puis les bâtiments sont réquisitionnés par l’armée française qui en fait un hôpital complémentaire, puis par l’armée allemande.
À leur départ les Filles de la Croix emportent le mobilier. Le versement de dommages de guerre sert ensuite aux réparations de l’immeuble de la rue Lamennais pour lequel elles perçoivent un loyer pendant son occupation par l’École Maritime de 1951 à 1954.
La ville de Tréguier rachète le bâtiment en 1955 et y installe l’école primaire, toujours active actuellement.

En 1951, Roger Perrot, armateur de sabliers, puis créateur de la COPERMER au pont Canada (voir sa biographie :ESCALES DE MA VIE Biographie bilingue de Roger Perrot, marin breton) , fait partie de la première promotion de 90 élèves qui sont quasiment tous pensionnaires. Le recrutement, réservé principalement aux enfants de marins, ne laissent que 15 places aux autres dont Roger, un des rares admis sur un total de 200 postulants. Trop nombreux à arriver sur le marché du travail et à rester sans emploi, la promotion suivante n’a redémarré qu’en mars 1953.
En 1952 le directeur Goinguenet est assisté de Kerrien, pion, le Bouder à l’enseignement de la timonerie, Mahé à la navigation, le Flem à la forge, Plusquellec à l’ajustage, Mahéo à la menuiserie, sans oublier Suscinio le chef de chœur qui rendait la chorale presqu’obligatoire.

1952 après un spectacle de chorale devant la salle des Fêtes de Tréguier

Les ateliers, aujourd’hui démolis, se trouvaient chez Goarin, rue de la Chantrerie (maison Le Carvennec).
Pour la navigation,l’école dispose d’un cotre le "Brestois"

et d’une chaloupe le "Chacal"

Cette école maritime a fermé définitivement en 1954 pour intégrer les bâtiments de la Défense Mobile à Plounez, face au port de Lézardrieux.

L’école d’apprentissage maritime à Plounez

Pour le stationnement et le ravitaillement des navires de la Marine Nationale, un projet d’aménagement du Trieux est proposé en juillet 1887, resté sans suite. Il est juste positionné un ancien transport à hélice de type Dordogne désarmé : le Rhin pour être utilisé comme charbonnière jusqu’à son retrait en 1910. Remplacé en 1910 par le Fulton, renommé Trieux, aviso de type Inconstante, il est également employé comme charbonnière de la station de torpilleurs et patrouilleurs de Lézardrieux commandée par un premier maître.

Le Fresnel des Phares et Balises et le Rhin devant la Défense Mobile

Les bâtiments à terre sont construits comme base de cet établissement. Désaffectés en 1936 ils accueillent alors les réfugiés espagnols fuyant le franquisme jusqu’au 7 juillet 1942, date à laquelle, les Allemands demandent la mise à disposition des bâtiments en soutien logistique de la 46 ème flottille de dragueurs.

De nombreux raids d’avions anglais mettent à mal ces bateaux mouillés dans le Trieux et les bâtiments sur les rives. A la libération de Lézardrieux, les Allemands appliquèrent le plan des destructions des installations du port : après l’établissement des Phares et Balises rive gauche, rive droite, l’estacade et les bâtiments de la « Défense Mobile » sont dynamités. Après la fin de la guerre ils restent inutilisés.
L’EAM (école d’apprentissage maritime), basée au moulin du Billiec à Poulafret en Paimpol depuis 1941, les intègre après 2 années de travaux et le 10 décembre 1950, la nouvelle école est inaugurée par Gaston Deferre, ministre de la Marine Marchande.
Trois à quatre mille apprentis sortiront de l’école, le certificat dans la besace. À l’apothéose de son époque (1965-1970), l’EAM accueille jusqu’à 132 élèves, tous en internat. Dans les années 1970, l’activité de la Marine marchande fléchit. Les effectifs de l’école aussi.

L’EAM (qui formait des marins de la Marine marchande et de la pêche) est transformée en 1985, en une école maritime et aquacole (EMA). Elle est progressivement transférée vers le futur lycée maritime au centre de Paimpol, ancienne École Nationale de la Marine Marchande et seuls 48 élèves restent sur place. Le transfert de l’établissement se concrétise en 2000, année où l’Ageam (Association pour la gérance de l’école d’apprentissage maritime) abandonne les locaux du Trieux. Jusqu’en 2005, quelques ateliers restent utilisés ainsi que les logements du haut, occupés par des agents administratifs de l’EAM. Sitôt après leur départ, les bâtiments commencent à être vandalisés avant d’être rachetés en septembre 2010 par Jean Guervilly, architecte briochin.